La grande dictée à Moissac - 2e édition
Un texte qui s’inscrit dans la saison culturelle nationale en hommage à Molière... Merci à Nicole pour son concours dans la rédaction de petit opus...
Tout comme son contemporain Jean de La Fontaine, Molière est certainement le nom le plus familier pour toute personne ayant passé sa première dizaine d'années de vie ! Jean-Baptiste Poquelin, de son véritable patronyme, va très vite choisir un pseudonyme qui lui siéra à merveille, Molière.
Ne dit-on pas aujourd'hui « la langue de Molière » , tout comme on fait référence à Goethe pour l'allemand, à Shakespeare pour les anglophones ou à Cervantès pour l'espagnol ?
C'est surtout au XIXe siècle que cette expression s'est popularisée : face aux puissances montantes, chaque pays se cherche un héros, et Molière, dans la lignée d'un Vercingétorix, puis d'un Rabelais, devient l'incarnation de « l'esprit français », qui met à l'honneur la subtilité irrévérencieuse de ceux qui dénoncent avec élégance...
Témoin de son temps comme a pu l'être Pascal, Molière n'hésite pas à en pénétrer la forteresse religieuse pour en livrer aux rires les déviances, comme il le fait des hypocrisies de tout poil. Il n'épargne ni les titrés, pas davantage les fats bourgeois en mal de condition supérieure ; il souligne férocement l'inégalité conjugale et caricature le saugrenu barbon qu'il dote des vices de l'avarice, du despotisme, de la stupidité et de l'ignorance quand il ne fait pas de lui un galant ridicule.
A l'inverse, il campe une jeunesse triomphante secondée au mieux par des serviteurs et des servantes partenaires de tous les complots. A ces jeunes, il offre tous les succès : les mariages ne peuvent répondre qu'à un amour partagé, les pères n'ont plus qu'à ranger leur férule tyrannique car Molière n'a rien de celui qui place les femmes dans « cette indigne classe où les rangent les hommes ».
En pléiade ou en folio, dans un fauteuil ou sur des tréteaux, les pièces du dramaturge plaisent et instruisent encore à l'orée du quadri centenaire de sa mort.
Aucune réplique ne sent la naphtaline, aucune saillie le chèvrefeuille, au pire faut-il aller à l'époussette de quelque quatrième de couverture : écoutez Scapin, regardez Sganarelle, souffrez Tartuffe , ils sont tous bien vivants et tellement contemporains

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